Prenez le temps de clôturer vos projets, vous serez plus efficace pour le suivant !

« La nature a horreur du vide » dit-on. De même certains patrons ont horreur de sentir que leurs équipes ne sont pas à fond. Leur impatience est presque vue comme une vertu ! A peine a-t-on terminé un projet qu’on demande au chef de projet de passer sur un autre. Pourtant un temps de recul serait souvent bénéfique pour capitaliser la richesse.

Le happening permanent, au contraire de créer de l’efficacité et de la productivité, détruit en fait souvent la richesse de l’entreprise. Les motifs d’appauvrissement sont connus, même si souvent ignorés :

  • On ne pousse pas les bénéfices du projet jusqu’au bout en s’arrêtant aux premiers fruits. Pourtant ceux qui suivent seraient obtenus à moindre coût, puisque l’effort principal a été fait.
  • La capitalisation de connaissances est mal réalisée : une partie part avec le chef de projet, qui lui-même n’a pas eu le temps de prendre du recul
  • Le risque d’érosion des progrès initialement obtenus augmente, car les exploitants et utilisateurs n’ont pas réellement intégré tous les bénéfices du nouveau système, et comment en tirer parti ; ils ont pris le bateau trop vite.

Je voudrais indiquer un motif plus caché, et pourtant réelle source d’appauvrissement : la lassitude des chefs de projet, et de leurs équipes.

Si on modélise l’énergie du chef de projet et de son équipe au cours de la vie d’un projet cela donne quelque chose comme cela :

Pour reprendre son souffle entre deux projets, le chef de projet, et ceux qui participent à ces projets, doivent avoir le temps de se retourner en arrière, de prendre conscience du chemin accompli, de faire le bilan, et de se dire qu’ils peuvent passer à autre chose. Bref, de faire le deuil ! C’est tout le sens de cette étape.

Si on ne laisse pas ce temps de capitalisation, les équipes n’ont pas le temps de reprendre de l’énergie, d’où un phénomène de lassitude. Cela se traduit par une idéalisation des projets anciens, un manque de créativité et d’enthousiasme, et une forme de résignation. On pourrait le représenter ainsi :

En bref, clôturer un projet, c’est laisser respirer la pâte, elle n’en sera que meilleure !!

 

Serge

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