Illusion #3 : le programme qui gère la fenêtre s’exécute sur mon PC

Avec les deux dernières techniques de déploiement, l’utilisateur ne le sait peut-être pas mais la fenêtre ou le bureau de son PC sont mis à jour par un programme qui tourne en central sur un serveur.

Remote Desktop

Historiquement la solution traditionnelle consiste à se rappeler que Windows NT (sur lequel sont basés toutes les versions depuis Windows 2000) est un OS multi-utilisateur, multi-sessions, qui est tout à fait capable de gérer plusieurs consoles (écran, clavier, souris). En pratique, les touches tapées, les gestes de la souris sont codés et envoyés via le réseau au serveur qui les interprètent de la même façon que votre PC, met à jour les fenêtres et l’image est renvoyée sur votre écran. Le plus troublant pour les utilisateurs est sans doute que son terminal (souvent appelé Thin Client ou Zero Client) contient un processeur comme un PC mais qu’il ne participe qu’à l’encodage / décodage des messages nécessaires au fonctionnement ci-dessus.

Dans ce type d’architecture, quand on installe une application sur le serveur, elle est disponible pour tous les utilisateurs connectés (approximativement car les utilisateurs sont groupés par pool qui partagent un même serveur, avec des schémas de secours entre serveurs). C’est donc une architecture qui est beaucoup utilisée pour fournir un poste de travail très standardisé : centre de contacts, magasins Retail. L’architecture limite aussi le stockage local et durable de données sensibles. Elle a donc rencontré l’intérêt des réseaux bancaires et assurances (mais plus souvent utilisé pour la publication d’applications). Mais la personnalisation, le support des laptops ne font naturellement pas partie de ses points forts naturels.

Le VDI enfin!

D’où l’idée de certains (suivez mon regard jusque chez VMware) de faire tourner en central une machine virtuelle Windows dédiée à chaque utilisateur (quitte à la faire fonctionner en local pour le cas des PC portables).

Ce qu’il faut en retenir

Le dicton « qui peut le plus peut le moins » s’applique au VDI. Par ailleurs, il est bien connu en informatique qu’avec deux niveaux d’indirection on peut répondre à toutes les demandes raisonnables. Mais à quel coût de gestion rappellent ceux qui ont manipulé des handles en lieu et place de pointeurs ?

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