Revue de l’actualité Télécom, IT & Lean

Tout d’abord meilleurs voeux pour 2014 à tous les professionnels des Réseaux & Télécoms.

La trêve des confiseurs offrent de nombreuses opportunités de lectures. Ce billet est donc particulièrement fourni :

Perspectives et prospectives

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Revue de l’actualité Telecom, IT & Lean

Mobile

Les réseaux publics cellulaires débutent leur migration vers la 4G et se déploient dans les transports en commun. Cette évolution technologique ouvre la voie à des usages de type visio en temps réel avec de nouvelles start-up. Setec IS accompagne des projets centrés autour de la maintenance industrielle notamment.

Les équipements audio/video des mobiles permettent aussi d’envisager d’autres méthodes que les manuels d’utilisateurs.

Routing

Première utilisation de Multipath TCP (par Apple) pour gérer des connexions multiples WiFi et 3G. Des idées circulent pour l’usage dans les Datacenters et éviter le recours à des load balancer, etc.

Cloud

La faillite de certains pionniers incitera-t-elle à une approche raisonnée de l’hébergement des données ?

VDSL et FttX

Un constat établi pour l’Australie qui va comme un gant à la France. A méditer en se remémorant notre billet vieux d’un an tandis que Free annonce la compatibilité de ses DSLAM et box. Les entreprises en bénéficieront-elles ? Orange prépare-t-il un plan B avant de se rendre compte que le pied d’immeuble est le point de jonction évident pour les immeubles collectifs ?

WiFi

Les appareils Apple compatibles avec iOS 7 gagnent la fonction Hotspot 2.0 comme le Samsung Galaxy S4. Si un réseau Guest WiFi est dans vos projets ou votre domaine de responsabilité, pensez à en profiter pour faciliter la vie de vos utilisateurs ou clients.

Internet of Things

Pendant que des naïfs ressuscitent des rêves de domotique déjà faits dans les années 1980, le « progrès » apporte des couleurs, la météo ou le bien-être aux plantes ou bien encore des pratiques bizarres.

Lean

En spécialiste de la continuité des opérations, Eiji Toyoda, tête pensante du système Toyota, est mort à 100 ans.

PS : Cocorico maison

Le tunnel sous la Manche élu ouvrage du siècle par la Fédération Internationale des Ingénieurs Conseil

 

Il ne suffit pas de crier FTTH, FTTH, FTTH en sautant comme un cabri

Sollicités par une collectivité pour une proposition de Schéma d’aménagement numérique, nous avons commencé notre mémoire, comme à notre habitude, par une évaluation froide de la situation. A la relecture, les constats s’appliquent à la situation de nombreuses collectivités. C’est la raison pour laquelle nous reproduisons ces pages d’introduction à peine éditées.

1. Il faut rendre utiles les Schémas d’Aménagement Numérique

Le CCTP de cet appel d’offre présente une très bonne synthèse des contextes nationaux, régionaux et départementaux. Dans ce préambule, nous n’allons donc pas paraphraser la retranscription des efforts des différentes Collectivités pour développer les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), leurs infrastructures jusqu’à la description du RIP existant.

Il nous semble même que nous partageons avec sa rédaction l’évaluation que nombre de schémas numériques (rendus obligatoires par la loi) restent souvent velléitaires, déclinant des scénarios de long terme selon des budgets croissants, sans plan d’actions sur « qui fait quoi demain », les premiers pas vers le schéma cible avec des engagements réciproques.

2. Le tout fibre prédomine dans les esprits mais peut-être pas dans l’avenir

Dans l’ensemble des Schémas d’aménagement numérique promulgués[1], il existe une sorte de pensée unique du FTTH (c’est-à-dire la fibre optique jusqu’à l’abonné) comme objectif final à atteindre, même si on ne sait pas très bien à quelle échéance.

Au risque de déplaire d’entrée, Setec pense que ce n’est pas tout à fait ainsi que cela va se dérouler. Même si la fibre joue un rôle important, le résultat final risque d’être différent et plus encore le chemin.

Les arguments qui fondent notre conviction sont triples ; le premier s’appuie sur l’histoire de la dernière décennie, le deuxième sur la dynamique des acteurs industriels qui s’établit dans le monde et enfin une approche théorique des usages.

Le tout fibre optique devait arriver dans l’entreprise

En 2002, le CREDO (Comité de Réflexion et d’Etude pour le Développement de l’Optique) publiait une étude sur la fibre optique dans les réseaux d’entreprises. But : promouvoir la fibre optique jusqu’au poste de travail. A la page 116 de ce traité (après avoir détaillé dans les chapitres précédents toutes les conditions de la mise en œuvre d’un câblage d’entreprise) entièrement en fibres optiques, le document essaye d’affronter les doutes dans un paragraphe intitulé « la fibre jusqu’au poste de travail : mythe ou réalité ? » En dix lignes, le document conclut par cette phrase péremptoire : « aujourd’hui le câblage optique n’est plus un mythe, il est devenu une réalité incontournable ».

Cette association professionnelle existe toujours, ses centres d’intérêt se sont  tournés vers le « Très Haut Débit » et on y retrouve toujours les mêmes acteurs[2].

Ces « experts » avaient un impact certain. Setec se souvient avoir été invité parmi d’autres bureaux d’études à étudier le re-câblage complet en optique de l’Opéra Bastille. Alors que Setec Bâtiment avait été le maître d’œuvre général de la construction de cet espace culture, nous n’avons pas donné suite à cette sollicitation parce que notre conviction était que cette voie n’aboutirait pas.

Avant d’envisager des projets FTTH, n’oublions pas cet enseignement de l’histoire récente.

La France ne pourra pas seule ignorer le VDSL[3]

Sans aller chercher le cas d’école de la Corée du Sud, il suffit de franchir nos frontières limitrophes pour se rendre compte qu’une réalité différente s’établit. En Suisse, en Belgique, à Monaco (qui ne dépend pas de la France), le VDSL a été autorisé sur les réseaux téléphoniques et il est largement déployé à grande échelle. Même si le VDSL est loin de répondre systématiquement et de façon globale aux objectifs d’aménagement du territoire[4], ces déploiements rapides ont été réalisés parce qu’une autre dynamique des acteurs s’est instaurée. Belgacom, par exemple, faisait face à une concurrence importante puisque plus de trois quarts des foyers belges sont câblés. Cet opérateur a vu dans le VDSL une opportunité de proposer lui aussi des débits supérieurs à 20 Mb/s rapidement et à moindre coût, tirant le marché vers un Très Haut Débit différent.

L’ARCEP  a été conduite à avaliser des tests VDSL en 2012. Tous les grands opérateurs y ont participé. « Leur collège d’experts » qui doit statuer si cette technologie est apte à être déployée sur la boucle locale cuivre en France doit rendre ses conclusions d’ici quelques mois. Evidemment les tests seront concluants sauf à démontrer que quelque chose nous différentie de tous les pays cités.

Dans son « Guide sur le déploiement de la fibre optique à l’usage des élus et des collectivités » publié en juillet 2011, l’ARCEP écrivait pourtant : « dans les zones où les déploiements FTTH ne pourraient intervenir rapidement, la montée en débit (via l’accès à la sous-boucle du réseau en cuivre de France Télécom) peut constituer une solution alternative pertinente dans l’attente de la fibre optique. Elle correspond à une demande exprimée depuis 2008 par de nombreuses collectivités territoriales. ». Plus loin, elle estimait que « le nombre de foyers susceptibles de bénéficier de la montée en débit est de l’ordre de 3 millions » parce qu’elle est focalisée sur la résorption des « zones d’ombre » du « Haut Débit » (ADSL).

Mais l’analyse des autres marchés concurrentiels européens permet d’anticiper que dès qu’un opérateur majeur aura sorti sa première offre VDSL à destination du grand public – et cela ne saurait tarder si on est attentif aux signaux faibles [5] – , les autres se sentiront obligés de suivre dans le trimestre suivant et beaucoup de projets de FTTH seront rendus caducs.

L’analyse ex nihilo des usages ne conduit pas non plus au tout optique

Cela fait longtemps que les ingénieurs savent qu’au mètre linéaire, la fibre coûte plutôt moins cher que le cuivre[6] en supportant des débits potentiels bien supérieurs. Mais le prix et la performance en débit ne sont que deux des caractéristiques techniques. L’auteur de ces lignes a été personnellement AMO du Maine-et-Loire pour mettre en place la DSP qui a permis à ce département d’être parmi les premiers (hors grandes agglomérations) à disposer sur son territoire d’offres dégroupées alternatives à l’opérateur historique. Il n’est certainement pas un opposant ou un ignorant de la fibre optique. Il considère qu’on oublie deux points majeurs.

Le débit par terminal connaît une limite d’utilité. Pour un utilisateur final, une téléprésence immersive représente le scénario le plus consommateur en bande passante. Setec a été maître d’œuvre de plusieurs installations pour des PDG du CAC40. Ces décideurs « consomment » au maximum 20 Mb/s soutenus dans les deux sens. Les cas pour lesquels on a besoin de débits plus importants apparaît quand, sur un même segment/serveur, s’agrège le trafic de plusieurs (dizaine) utilisateurs.

Dans une grande entreprise, la fibre optique et sa capacité qui se compte en Gb/s s’introduit dans les LAN jusqu’à l’étage pour desservir jusqu’à 200 utilisateurs. Dans une entreprise de moins de 100 personnes, la fibre s’arrêtera à la porte. Dans une TPE, la fibre peut être mutualisée jusqu’à un sous-répartiteur, cas type du VDSL. Aucun utilisateur n’est défavorisé entre ces trois scénarios, et dans tous les cas, le câble cuivre est le premier maillon. Outre qu’il a souvent l’avantage d’être déjà déployé, un câble cuivre est plus adapté dans cet environnement qui n’a pas de besoin de performances exceptionnelles mais doit supporter de multiples connexions / déconnexions par un personnel non professionnel. Le plus grand adversaire de la fibre optique est la prise Ethernet RJ45 : la première n’a pas réussi à remplacer la seconde en entreprise ; celle-ci se retrouve maintenant sur toutes les box.

En dessinant les architectures de bout en bout, le THD Entreprise actuel ressemble plus au VDSL particulier qu’au FTTH.

3. L’aménagement numérique va s’appuyer sur l’urbanisme

Cela fait maintenant 45 ans que la France a institué les POS (plan d’occupation des sols). Aujourd’hui cette réglementation prend d’autres noms (PLU, SCoT) mais les principes de cet urbanisme changent peu et avec le temps, leur impact s’est fait réellement sentir. A l’habitat agricole isolé, ont succédé des zones pavillonnaires et des zones d’activités spécialisées et bien délimitées.

Les réseaux télécom publics se sont peu mêlés de cette intégration avec l’urbanisme parce que la pénétration de la fibre optique n’a concerné principalement que les réseaux de collecte des centraux téléphoniques.

Aujourd’hui, la conviction de Setec est que ce n’est plus la bonne approche : c’est au niveau de l’urbanisation locale que se situent les enjeux d’aménagement numérique.

C’est la raison pour laquelle Setec IS collabore chaque fois qu’opportun et possible avec Partenaire Développement[7], la filiale spécialisée du Groupe sur ce domaine (responsable des études de 4 SCoT en Ile de France par exemple).

Les douze derniers mois nous ont apporté un cas d’école avec le projet d’Innovation Center de Skolkovo (Russie), techno-park dédié à l’IT, Espace, Energie et les Bio-médecines [8].

4. Ce n’est en copiant qu’on passe à l’avant-garde

Parmi le contexte spécifique de votre Région, nous avons noté  le développement de plusieurs Schémas Directeurs d’Aménagement Numérique. Ils sont rédigés par une des entreprises de conseil dont le nom revient régulièrement pour ce genre de prestation. Même si nous avons une connaissance préalable inférieure des collectivités locales citées, nous avons pris le parti d’affirmer notre opinion et de proposer de penser différemment, sans solution toute faite.

Nous savons aussi que cette démarche est probablement plus couteuse en terme d’études pour réfléchir à comment avoir le plus d’impact et obtenir les meilleurs résultats.


[1] ils sont consultables sur le site web de l’ARCEP

[2] http://www.cercle-credo.com/Nos-membres/Liste-des-membres ; le rapport cité n’est plus directement référencé mais on en trouve copie par exemple sur http://sti.mermoz.free.fr/mo/fo/Cercle%20C.R.E.D.O%20-%20Guide%20reseaux%20Entreprise.pdf

[3] A strictement parler, il s’agit de VDSL2

[4] La portée effective est limitée à 1000-1200 m depuis un répartiteur ou sous-répartiteur.

[6] le prix de ce dernier n’a pas baissé récemment, bien au contraire

WiFi : 802.1x, densité d’AP, et WiFi municipaux

Les blogs de Cisco ont tendance à se faire l’écho de leur direction du marketing mais de temps en temps, ils reviennent aux sources en rédigeant un article pédagogique.

Cisco Blog » 802.1x.

Dans la même veine, leur concurrent Aerohive prend aussi du recul par rapport à ses produits pour rappeler des règles d’ingénierie des réseax WiFi.

Fewer APs is ALWAYS Better

Toujours sur le WiFi mais dans un autre genre

Municipal Wi-Fi: Let them browse while they eat cake | The Economist.

Et IPv6 ?

Nous sommes interpellés régulièrement par des acteurs techniques ou leur management sur la position à adopter par les entreprises vis à vis d’IPv6.

The Reason Enterprises Aren’t Deploying IPv6 rappelle quelques faits de bon sens.

Accessoirement, et c’est le point que j’ai défendu auprès du Distinguished Engineer de Cisco venu nous faire une présentation sur le sujet au Customer Council NTT Europe, ce n’est pas en criant au loup (avec quelques détails techniques imparfaits, comme les logs pour les forces de Police) que les acteurs d’Internet motiveront entreprises et consommateurs : l’épuisement du stock d’adresses IPv4 de l’IANA a fait le 20h de TF1, et puis comme les semaines suivantes, Internet a continué de fonctionner, chacun a estimé qu’il avait mieux à faire, comme… gérer une crise économique mondiale.

Ceci dit, construire les infrastructures de demain demande de la préparation. L’analogie interne que nous utilisons est la suivante : la migration complète d’IPv4 vers IPv6 sera comparable au passage du Franc à l’Euro (ou l’inverse !) avec changement de plan comptable. Trois fois rien en somme.