La QoS visible

Régulièrement, dans notre métier, nous sommes amenés à expliquer le fonctionnement de la QoS. Avec la nécessité de recadrer toutes les imprécisions laissées par des discours marketing trop approximatifs. Maintenant il faut bien dire que le concept est abstrait, tout comme ses manifestations. On a aussi connu des exemples d’entreprises qui pensaient que leur réseau supportait la QoS, pour finir par découvrir après incidents et analyses approfondies que certains « détails » faisaient que la QoS n’était pas maîtrisée de bout en bout.

D’où un besoin simple : comment démontrer visuellement et simplement que la QoS est bien implémentée ?

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Voici un graphique qui montre très clairement la différence effective. Les flux bleus ne sont pas taggés DSCP. Un backup est lancé vers 1h du matin et dure jusqu’à 4h. Les temps de latence du réseau (test ICMP) grimpent immédiatement à 200 ms. Inutile de préciser qu’une communication téléphonique ToIP supporterait mal ce choc.

Les flux de tests correspondants à la ligne rouge sont marqués prioritaires (DSCP = EF). Durant toute la période, la latence varie à peine. Pour information de contexte, la connexion WAN qui est le premier point de contention est un accès SDSL 2 Mbps.

A la vue du premier graphique, certains peuvent se dire que tous les efforts de mise en place de la QoS pour ne pas être impactés par des sauvegardes nocturnes n’en valent pas la chandelle. Pour ceux là, voici un deuxième graphique qui offre une fenêtre de temps plus grande.

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Sur la même destination, le graphique du haut – qui correspond aux flux non marqués – montre tous les impacts sur performances des différents traversants le lien. Celui du bas correspond au trafic prioritaire. Comme les échelles verticales sont cette fois différentes, on voit d’ailleurs que si la « protection » des flux prioritaires n’est pas absolue (dans certaines périodes, la latence atteint malgré tout le double de la valeur en heures creuses), elle remplit globalement son rôle. Cela tombe bien, le site est équipé en ToIP sans gateway locale…

 

Web QoS : l’acronyme manquant qui a de l’avenir

Il y a quelques semaines, lors d’une session de travail pour la réalisation d’un schéma directeur télécom, j’ai pu faire le constat que même si les acronymes sont nombreux dans notre domaine, il en manque encore parfois.

Nous faisions le constat partagé de problèmes de « qualité » au niveau des réseaux : lorsqu’au sein des flux http, les vidéos YouTube sont dans la même catégorie que les sessions d’e-learning via WebEx, fort logiquement, aux heures de pointe sur les sites contraints en bande passante, la qualité des visio avec cet outil de webconférences se dégrade rapidement au point d’être inutilisable.

Je me suis donc laissé aller à dire que le réseau nécessitait de la Web QoS, pour me faire interpeller par un DSI un peu surpris : il avait l’impression que cela faisait 3 ans que ses équipes mettaient en œuvre la QoS sur le WAN (l’organisation finissait un cycle d’équipements en ToIP) !

L’incompréhension (temporaire car c’était à moi de mieux m’expliquer) est que l’acronyme QoS (tout court) est généralement associé à la priorisation au niveau IP (aussi appelé niveau 3 dans le modèle en couche des réseaux). A ma connaissance, il n’y a pas de vocabulaire établi pour la priorisation au niveau applicatif (niveau 7), ou encore l’association de priorités entre couches (comment un trafic prioritaire au niveau http (niveau 7) est rendu prioritaire au niveau IP, puis Ethernet (niveau 2). Par exemple, l’excellente base documentaire de JANET (l’équivalent anglais de RENATER) aborde au plus la question du mapping entre niveaux 3 et 2 (on parle d’autoqos dans un environnement Cisco), met en garde sur la non transparence des firewalls / proxies mais guère plus

Il n’y a pas besoin d’avoir une boule de cristal pour voir que le centre de gravité des systèmes d’information se déplacent vers Internet et le Web. Google et consorts y travaillent ardemment au point d’avancer vers http 2.0. Dans ce nouveau standard basé sur SPDY déjà embarqué dans Chrome et Firefox, la principale innovation pour améliorer l’efficacité du protocole, et améliorer la latence perçue par l’utilisateur consiste à multiplexer au sein d’une même connexion TCP plusieurs requêtes et réponses (streams pipelining). Evidemment, cela impliquera d’être capable de prioriser les flux à l’intérieur d’une session http.

Ce qui me permet de prédire que l’acronyme Web QoS (ou un autre qui s’imposera pour désigner la même chose) a l’avenir pour lui.

Revue de l’actualité Télécom, IT & Lean

Tout d’abord meilleurs voeux pour 2014 à tous les professionnels des Réseaux & Télécoms.

La trêve des confiseurs offrent de nombreuses opportunités de lectures. Ce billet est donc particulièrement fourni :

Perspectives et prospectives

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Revue de l’actualité Télécom, IT & Lean

Mobilité

Video-communications

De la fiabilité au capacity planning

Lean IT

« Nouvelles » technos

Consolidation

  • Mitel s’offre Aastra : on attend de voir la fusion des gammes de postes et de serveurs d’appels)
  • Dimension Data reprend NextiraOne : « Le seconde tranche, qui concerne les entités française et italienne (environ 40% du chiffre d’affaires du groupe), est quant à elle  sujette à la réalisation de certains objectifs dans un futur proche »

Sécurité

Nostalgie

Une première dans les salles de marchés

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Cela fait maintenant une bonne dizaine d’année que les entreprises migrent petit à petit vers la téléphonie sur IP. Les salles de marché s’y sont mis mais bien plus tard. En effet, les obligations techniques, fonctionnelles et réglementaires spécifiques au métier du trading ont ralenti la donne. On observe depuis quelques années la volonté de ces dernières de passer au tout IP pour se voir offrir de nouveaux services et remplacer les solutions devenues obsolètes.

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5 conseils pour aménager une salle de réunion pour la visio

Comme vous l’avez peut-être noté, nous intervenons régulièrement dans des projets de téléprésence ou de visio HD. Si les premiers sujets de préoccupation sont généralement d’ordre technique pour garantir un succès technique (codec, QoS…), il est remarquable que les conditions de succès des déploiements incluent aussi l’organisation (réservation de salles vs voyages notamment) et l’aménagement des salles. Sur ce dernier point objet de cet article, certaines entreprises profitent de l’expérience des systèmes de téléprésence pour améliorer significativement la qualité perçue par leurs utilisateurs sur toutes leurs visio, sans toucher aux moyens techniques (bande passante, résolution image…).

Voici donc une énumération qui peut servir de check-list ou de plan d’actions, c’est selon.

1. un éclairage adéquat, facteur crucial de la qualité d’image

Exemples de problèmes rencontrés lorsque les équipements visio sont simplement rajoutés à une salle de réunion :

  • l’écran fait face à la fenêtre ; vous voyez bien vos interlocuteurs mais eux vous voient en contre-jour,
  • la salle est bien isolée de la lumière extérieure mais le seul éclairage électrique tombe directement des tubes de néons, habituellement installés dans les bureaux ; contrairement à l’œil qui procède par balayage et compense les contrastes, vos interlocuteurs voient une joue sur-exposée, et une joue dans une ombre profonde.

Se protéger de la lumière du jour est une bonne idée, car elle est puissante, mais changeante selon les saisons et les intempéries. Il faut veiller à utiliser des éclairages artificiels puissants mais indirects (néons ou halogènes sont finalement un choix de second degré).

2. un bon son, garantie d’une bonne intelligibilité des propos

Vous ne l’avez peut-être pas remarqué sur votre dernière TV, mais les derniers écrans LED extrêmement fins, ont conduit les fabricants à déplacer les hauts parleurs. Alors qu’ils étaient historiquement placés sur les côtés ou en dessous, ils sont de plus en plus souvent placés derrière. Le son vous provient par réverbération sur le mur. Outre l’atténuation, cette disposition est une source de délai. Si cela n’a pas trop de conséquence pour regarder un film (léger retard de la voix, moins bonne intelligibilité), cela peut devenir catastrophique si le délai suffit à enclencher le dispositif anti-écho : résultat un interlocuteur totalement haché. Dans votre installation, prêtez attention à d’où va provenir le son.

3. une bonne prise de son, aussi

La ventilation mécanique est la source de nombreux bourdonnements dans les visio. Il faut s’éloigner de cette source (vérification simple : coupez-la quelques secondes et demandez à vos interlocuteurs si il y a une différence). Les participants qui tapotent la table de réunion ou le pod micro involontairement en sont d’autres.  Les revêtements de sol et éventuellement muraux sont autant de détails à soigner. Ce devrait déjà être le cas pour une salle de réunion mais c’est encore plus nécessaire dans un espace dédié à la visioconférence : un système de  prise de son  même sophistiqué (un ensemble de micros avec analyse des corrélations) reste moins performant que notre ouïe directe, et on ne peut pas tout compenser par un post-processing de signal.

4. une disposition de la salle adaptée

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Prenons cette première image provenant d’un fournisseur. Deux salles avec 4 et 6 personnes communiquant via des systèmes de visio. Assez typique de nombreuses réunions où nous y voyons guère plus que les profils de nos voisins immédiats : nous ne verrons parfois jamais les réactions de certains interlocuteurs.

C’est déjà vrai pour des réunions où tous les présents sont physiquement autour de la table mais la distance et la perspective ne fait qu’accentuer le phénomène. Les tables de réunions ovales ou en V sont à privilégier par rapport aux tables rectangulaires.

5. cadrage serré en enlevant les éléments perturbateurs

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Autre image, extrait de la même source. L’interlocutrice nous sourit plein cadre mais que voit-elle ? Au mieux un plan très large avec ses deux interlocuteurs en bordure gauche et droite de l’écran, et une la…arge vue sur la table de réunion, le mur ou la porte d’entrée.

Rapprochez les participants (c’est un peu un rappel du point précédent), cadrez serré en supprimant tous les éléments perturbateurs de l’image : ce n’est pas le logo de sa société ou sa mascotte (on l’a vu…) mais les réactions de votre interlocuteur que vous voulez voir. Il est de même pour elle. C’est ce qui fait la valeur ajoutée de la visio par rapport à une audio-conférence. Pensez aussi que lorsque la session est multi-point ou avec un partage d’écran simultané, la taille de votre image devient très réduite. Donc pas de pudeur mal placée et cadrez serré comme sur les plateaux du journal télé.

Certains équipements de visio proposent de mémoriser des cadrages. Pourquoi ne pas mettre à disposition des utilisateurs un memento leur indiquant où se placer lorsqu’ils sont 1, 2 ou 4 avec mentions des pré-réglages correspondants ?

Il y a encore quelques autres trucs et astuces pour mettre en oeuvre la visio dans des conditions optimales, mais maintenant, quand vous ferez votre première réunion visio avec Setec IS, vous n’aurez plus d’excuses si un de ces points essentiels a été sciemment négligé !

2012 du côté des sociétés du CAC 40

Au moment de dresser un bilan qualitatif de l’année écoulée, une manière de procéder par échantillon consiste, par exemple, à se focaliser sur les réalisations pour les grands groupes côtés au CAC40.

  • Dans ce segment d’entreprises, l’année a débuté par la fin du chantier d’amélioration Lean Six Sigma de la planification des Front Office de l’accueil téléphonique d’un grand réseau bancaire. Résultats plus que satisfaisants puisque démontrant  une fois de plus que les flux téléphoniques ont un haut degré de prévisibilité (avec des méthodes et de la peine) et donc que l’on peut « ingénierer » la qualité de service aux clients.
  • Sans aucun rapport, les semaines suivantes nous ont conduites à analyser les dépenses télécoms qu’un grand groupe industriel sur son périmètre France.  Le volume (+5000 sites) demande quelques outillages et surtout du savoir-faire  puisque preuve a été apportée, que malgré des tableaux de bord construits par d’autres fournisseurs, nous pouvions encore identifier des pistes de rationalisation des inventaires et des contrats.
  • Autre contexte, autres enjeux. Un industriel d’échelle mondiale a fait appel à Setec pour guider le développement de la Téléprésence / Visio HD à mettre en place pour son comité exécutif. Objectif : réduire les déplacements tout en augmentant la proximité du management. La gestion des déploiements fournisseurs a montré quelques rebondissements inattendus.
  • A la même période, chez une autre entreprise de même stature, Setec finissait le suivi du déploiement d’un WAN international, avec des liens Gigabits pour les centres de R&D mondiaux, rencontrant un peu plus de maturité, côté fournisseur.

La deuxième partie de l’année débutait par des projets qui ne sont pas tous finis aujourd’hui, échelle de grands groupes oblige.

  • Un industriel nous conduisait à réfléchir à la façon d’assurer un Service Desk d’échelle mondiale, à des coûts adaptés aux marchés locaux. Au passage, notre contribution intégrait des évolutions de process dues à la définition du nouveau poste  de travail (Windows 7).
  • Dans le registre Datacenter, un groupe de services débutait la consolidation  de ses hébergements (en propre ou externalisés) sur un ensemble unique (deux datacenters interconnectés) et s’équipait  avec une nouvelle solution de cœur de réseaux.
  • Enfin, un groupe financier qui a déjà migré vers  la ToIP se préparait à la convergence de ses infrastructures Cisco vers une nouvelle plateforme CUCM 9 pour +50.000 utilisateurs.

Si le CAC40 n’est pas l’alpha et l’oméga de l’activité économique en France, le bilan est finalement plutôt rassurant car il montre que les entreprises ont repris leurs investissements pour être capables, à l’avenir, de se déployer plus vite, à plus grande échelle.

Prochain focus : l’innovation

Un bijou de technologie près de Rennes

Technicolor s’est doté d’un nouvel ensemble immobilier adapté aux besoins spécifiques de la R&D. Setec IS a apporté sa pierre à l’édifice, après avoir accompagné le déménagement du siège parisien il y a maintenant deux ans. Merci pour cette fidélité.

NB : quand nous disions il y a quelques jours, qu’il fallait se préparer à multiplier le nombre de terminaux par 2 ou 3, nous ne pensions pas à ce cas extrême : 7500 prises RJ45 pour 550 personnes permanentes !

Plus de détails dans l’article de Ouest France et dans le reportage vidéo de la même source.

ToIP et cablâge catégorie 3

La semaine dernière, Cisco a sorti les premiers éléments techniques correspondant à CUCM v9. Parmi les documents toujours regardés avec attention par les ingénieurs de Setec IS, figure le SRND.

Niché dans le chapitre 3-14, Cisco apporte enfin son « support » à la ToIP sur cablâge catégorie 3. Dire que cela fait des mois que nous affirmons que la ToIP est compatible avec un cablâge de catégorie 3 est un euphémisme. Certains de nos clients savent aussi que nous ne manquons pas de dire que ce n’est pas tout à fait la bonne question, et que la différence peut se traduire par une différence de coût supérieure au million d’euros.

La question que les responsables d’entreprises doivent se poser est : le cablage dont je dispose sera-t-il susceptible de répondre à mes besoins encore 5 ou 10 ans de plus ? La ToIP est un des éléments à analyser pour répondre à cette question mais pas le seul.

Pour rajouter encore un paradoxe, les catégories de cablâge ne font pas tout. Prenons par exemple le réseau téléphonique public. Il a été conçu bien avant l’ADSL. Je me souviens même d’un X-Télécom qui m’avait expliqué que lorsqu’il y aurait beaucoup d’abonnés, la diaphonie serait si importante, que l’ADSL serait inutilisable. Aujourd’hui cela n’empêche pas cette technologie de rendre service à des millions de foyers et d’entreprises. Evidemment il y a eu et il reste quelques problèmes pour les abonnés au RTC qui avaient été multiplexés ou dans les zones rattachées à un CAA étendu. Mais moyennant quelques efforts ponctuels, quelles économies pour la société !

Même si nous n’avons pas besoin de Cisco pour nous forger notre opinion, nous saurons gré à l’équipementier de nous éviter quelques discussions inutiles avec certains intégrateurs…