Les projets Télécom & IT qui ratent leurs cibles

Ou, pire, ceux qui n’en ont pas. Voilà nos ennemis.

Les prémices furent presque agréables. De grands fournisseurs, les plus grands même, s’étaient penchés sur le projet.

Après signature des contrats et réunions de lancement, les choses ont évoluées. Des équipes techniques ont remplacé les interlocuteurs commerciaux précédents. Elles n’étaient pas au courant du contexte et pourtant elles imposaient leurs façons de procéder. Les premiers jalons du planning ont tous été dépassés, sans que personne ne s’en émeuve vraiment.

Comme première conséquence, il faut maintenant intervenir en mode urgence, avec la pression du management de l’entreprise. Et il est bien plus difficile de redresser un projet mal engagé. D’où la tentation d’abandonner…

La deuxième conséquence est que la crédibilité de la DSI au sein de son organisation est elle-même engagée. Plusieurs projets se terminent hors délai, hors budget aussi (il y a un lien fort entre les deux constats) et les liens de confiance sont rompus. Est-ce un hasard si la durée de vie des DSI au sein des comités de direction est courte (2 ans disent certains [1]) ?

Experience is a hard teacher…

…because she gives the test first, the lesson afterward (Vernon Law)

Pourtant, avec le recul, de nombreuses crises auraient pu être anticipées :

  • Le budget mieux défini en n’oubliant pas les travaux / fournitures annexes
  • Les conditions de recette clairement définies pour éviter des jeux de ping – pong
  • Les relations et clauses contractuelles plus saines et plus incitatives
  • Le niveau de maturité des fournisseurs choisis mieux apprécié pour adapter la communication aux utilisateurs (si l’entreprise doit « essuyer les plâtres » parce que les produits / services sortent juste de la R&D, autant le savoir avant !)

Comment expliquer que les candidats au baccalauréat sont préparés avec force de Bac blanc, de devoirs sur table, etc, alors que des organisations s’engagent dans des chantiers IT complexes, sans expérience équivalente, presque la fleur au fusil, mettant à risque leur organisation ? Sans rien renier de ses compétences et prérogatives, ne serait-il pas plus réaliste de faire comme tant de domaines de l’ingénierie et accepter de se faire accompagner par des ingénieurs conseil qui ont déjà vécu et mené le même type de projets dans d’autres entreprises ?

Si quelqu’un s’élève pour clamer que le projet n’a pas d’équivalent, faites-lui justement remarquer que les américains ont rappelé von Braun pour envoyer des astronautes sur la lune [2]. Plus proche de nous, pourquoi Eurotunnel avait confié à la filiale TPI de notre Groupe Setec l’ingénierie du tunnel sous la Manche, maintenant qualifié de projet TP du siècle [3], si ce n’est parce que les mêmes équipes avaient précédemment conduit la construction du tunnel du Fréjus ?

Une fois reconnue la nécessité de capitaliser les expériences, le deuxième problème est de savoir vers quel type d’acteurs se tourner pour en bénéficier réellement.

Introduire la continuité dans l’ingénierie IT

La structure du marché ne facilite pas la recherche de cet appui. D’un côté, on trouve les grandes sociétés de services fonctionnant en assistance technique. Elles ne manquent pas d’effectifs et c’est une des raisons pour laquelle elles sont connues. En simplifiant sans vouloir être outrancier (certains d’entre nous y ont occupé des positions), elles sont structurées vers la « massification des prestations ». Les phases amont sont assimilées d’une façon ou d’une autre à de l’avant-vente et elles n’ont pas la capacité humaine pour construire des business case, des spécifications de haut niveau, l’encadrement étant constitué de commerciaux… On pourrait tenir des propos similaires pour les System Integrators.

A l’autre extrême, les sociétés dites de conseil aux directions générales prétendent identifier et mettre en œuvre des « Best Practices ». Fortes sur les concepts, les phases d’exécution leur posent problèmes car il faut devenir plus spécialiste que généraliste et justifier dans la durée de facturer +1000 €/j un consultant jeune et pas vraiment aguerri au sujet. Enfin, les recommandations sont faites par des individus qui n’ont jamais eu d’implication dans la conduite de projets concrets. Et comme dit le proverbe : « en théorie, il n’y a pas de différence entre la théorie et la pratique, mais en pratique, il y en a ».

Si « strategy is all about execution » comme certains l’ont écrit, le bon sens doit privilégier la continuité. Elle passe par des ingénieurs spécialisés, impliqués dans la direction de projets, mais aussi d’un niveau suffisant pour mener des études amont, en synthétisant des retours d’expérience collectifs, et pour définir les cibles projet de façon pertinente.

Le but de ce site web

Ce site vise à vous montrer que ce positionnement mixant conseil et direction de projet existe. Il est même intrinsèque au Groupe Setec, qui le pratique dans de nombreux autres domaines de l’ingénierie.

Nos interventions sont basées sur un portefeuille d’expériences. Nous les avons classées ou détaillées par famille de compétences clés, par domaines techniques, par stades d’intervention dans le cycle de vie d’un projet, ou par le mode contractuel d’intervention. Il vous permet de voir également que de nombreuses organisations, privées ou publiques, franco-françaises ou internationales, y ont déjà eu recours.

Ce site ne remplace pas des rendez-vous pour une évaluation spécifique de la situation de l’entreprise, ses projets au regard de l’état de l’art et des expériences, trouver le meilleur assemblage pour travailler ensemble, prendre des engagements, et atteindre les cibles que visent vos projets.

En conclusion

Après avoir parcouru ce site, nous vous proposons l’alternative suivante :

PS : régulièrement, nous rencontrons des managers en entreprise qui nous découvrent et disent qu’ils aimeraient bien travailler avec nous mais qu’ils ne peuvent pas parce que nous ne sommes pas référencés. C’est le problème de l’œuf et de la poule. Peut-être avez-vous eu le même pincement en lisant ces pages.

D’expérience (toujours ce mot clé), le nœud du problème se dénoue si la volonté est présente. Et elle le devient si une démarche préalable est construite et que la valeur ajoutée de notre possible intervention est évidente à la première réunion. Alors ne manquez pas cette étape, qui est un bon investissement de votre temps.


Notes
[1] article de Best Practices Système d’information citant le CIGREF
[2] Wikipedia
[3] Le Moniteur